Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front National, devenu le Rassemblement national est coutumier des dérapages. En 2014, l’Express publiait un article sur l’une de ses phrases volontairement polémiques, dont certaines lui ont valu des condamnations. Jean-Marie Le Pen avait alors assuré que le régime de Vichy était « excusable » et qu’il avait fait « ce qu’il pouvait pour sauver les Français« .

Jean-Marie Le Pen
Jean-Marie Le Pen

Le régime de Vichy était collaborationniste et a même devancé les demandes des Allemands, comme lors de la rafle du Vélodrome d’hiver.

Le Front national a été fondé par d’anciens SS, des nostalgiques de l’OAS et des racistes du mouvement Occident. La première femme de Jean-Marie Le Pen avait assuré dans une interview avec Carl Zero que ses enfants « ont été élevés dans le racisme pur et dur ». Dès lors, difficile de défendre l’idée que le RN aurait « changé » sous la présidence de Marine Le Pen qui par ailleurs garde des amitiés tenaces avec des membres de groupuscules néofascistes ultra-violents.

Jean-Marie Le Pen a été condamné de nombreuses fois. Wikipedia dresse la liste de ces condamnations :

Apologie de crime de guerre et contestation de crimes contre l’humanité

  • Le 19 novembre 1969, la cour d’appel de Paris le condamne à deux mois de prison avec sursis et 10 000 francs d’amende pour apologie de crime de guerre.
  •  le 18 mars 1991, il est condamné par la cour d’appel de Versailles à verser un total de près d’1,2 million de francs aux associations parties civiles pour banalisation de crimes contre l’humanité et « consentement à l’horrible » dans l’affaire dite du « détail ».
  • Le 10 septembre 1999, deux ans après qu’il a reparlé des chambres à gaz comme d’un « détail », la cour d’appel de Versailles le condamne à verser entre un franc symbolique et 5 000 F de dommages-intérêts à onze associations plaignantes.
  • Le 12 mars 2008, la cour d’appel de Paris le condamne à 10 000 euros d’amende pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciales.
  • En janvier 2009, concernant ses propos publiés en 2005 dans l’hebdomadaire Rivarol, la cour d’appel de Paris le relaxe des faits d’apologie de crime de guerre mais le condamne à trois mois d’emprisonnement avec sursis et à 10 000 € d’amende pour contestation de crime contre l’humanité ; Jean-Marie Le Pen avait notamment déclaré qu’« en France du moins, l’occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine, même s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés » et que « si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins, comme l’affirme la vulgate, il n’y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques ». En 2011, la Cour de cassation casse partiellement l’arrêt. Rejugée, l’affaire aboutit à la même peine en février 2012.

Provocation à la haine, à la discrimination et à la violence raciale

  • Par un arrêt du 9 juillet 1986, Jean-Marie Le Pen est condamné au versement d’un franc symbolique pour « antisémitisme insidieux ».
  • En 2005, la cour d’appel de Paris le condamne pour incitation à la haine raciale.
  • En février 2017, il est condamné à une amende de 5 000 euros et au paiement de dommages-intérêts à des associations antiracistes pour provocation à la haine et à la discrimination par la cour d’appel d’Aix-en-Provence.
  • En octobre 2019, il est condamné par la cour d’appel de Paris à 2 400 euros d’amende pour injures publiques visant des homosexuels.

Pour injures publiques

  • Le 3 juin 1993, il est condamné en appel à 10 000 francs d’amende pour injure publique au ministre de la Fonction publique de l’époque, Michel Durafour, qu’il avait appelé « monsieur Durafour-crématoire ».
  • Le 7 janvier 1998, il est condamné à une amende de 5 000 F par la cour d’appel de Paris pour injure publique raciale après qu’il a qualifié de « gros zébu fou » le président de SOS-Racisme, Fodé Sylla.

Pour violences

  • En septembre 1998, la cour d’appel de Versailles le condamne à un an d’inéligibilité et trois mois de prison avec sursis pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions ». Il était accusé d’avoir agressé la maire de Mantes-la-Ville, Annette Peulvast-Bergeal, qui faisait partie d’un rassemblement l’ayant conspué et ayant bloqué son véhicule lors de sa venue dans la ville dans le cadre de cette campagne électorale.

Par ailleurs, dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen, Jean-Marie Le Pen est mis en examen en 2019 pour « détournement de fonds publics » et « complicité » de ce délit. En 2023, le parquet de Paris a requis un procès contre le Rassemblement national et 27 personnes liées au parti, dont Jean-Marie Le Pen et sa fille. Le procès se tiendra du 30 septembre au 27 novembre 2024.

France Culture avait consacré un long article aux procès perdus et gagnés de Jean-Marie Le Pen.